Rescapée d’Auschwitz et descendant du chef du camp : grand-mère et petit-fils

C’est une histoire qui pourrait avoir été écrite par un scénariste hollywoodien. Une histoire de pardon, de douleur et de joie de vivre. Celle d’Eva Mozes Kor, survivante d’Auschwitz, et de son petit-fils adoptif, Rainer Höss, petit-fils de Rudolf Höss, commandant du camp à l’époque où elle y était emprisonnée. Elle est racontée par le magazine Vice, trois jours avant le soixante-dixième anniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge.

Juive de Roumanie, Eva Mozes Kor a connu l’enfer d’Auschwitz avec sa soeur jumelle Maria. Elle a connu les expérimentations menées sur les jumeaux par le sinistre docteur Joseph Mengele, « l’Ange de la mort », qui a dit un jour, en la désignant : « Quel dommage, elle est si jeune, il ne lui reste que deux semaines à vivre. » Survivante malgré tout, elle a eu la force de refaire sa vie, brièvement dans sa Roumanie natale, puis en Israël et aux États-Unis.

« Un signe d’espoir »

Rainer Höss, lui, a vécu la honte de grandir dans une famille d’anciens nazis, avec qui il a coupé tout contact en 1985. « Il disait que si son grand-père avait une tombe, écrit Vice, il irait uriner dessus. » C’est lui qui a contacté Eva, après avoir entendu parler d’une lettre dans laquelle elle déclarait avoir, après un énorme travail sur elle-même, pardonné aux nazis pour leur crime. Rainer a alors demandé à Eva de devenir, symboliquement, sa grand-mère adoptive.

D’abord dubitative, elle a finalement accepté après leur rencontre à Auschwitz même, « fascinée par son intelligence, son courage et sa gentillesse, ainsi que par le fait qu’il avait réussi à devenir un être humain convenable », relate l’article.

Aujourd’hui, « il existe entre eux une véritable camaraderie et une compréhension mutuelle, raconte Eva. Des gens venant d’endroits différents qui s’appellent l’un l’autre grand-mère et petit-fils, cela peut être un signe d’espoir ».

Le Point.fr