CHAVOUOT – LE LIVRE DE RUTH

Au temps des Juges (XIII e siècle avant l’ère chrétienne), une famille juive, poussée par la famine, émigra au pays de Moab. Le père mourut bientôt. Ses deux fils épousèrent deux païennes : Ruth et Orpa. À son tour, le mari de Ruth décéda et sa belle-mère, Naomi, décida de retourner dans son pays d’origine, la Judée. Ses brus l’accompagnèrent sur le chemin du départ. Orpa prit congé et retourna vers son peuple. Quant à Ruth, sa belle-mère lui conseilla d’en faire de même. Elle refusa et dit : « Où tu iras, j’irai ; et où tu résideras, je résiderai. Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu.» Bref, elle avait choisi le judaïsme.

Ruth accompagna donc Naomi jusqu’à sa ville natale, épousa un riche parent de son beau-père et donna le jour à un garçon qui fut nommé Obed. Le petit-fils d’Obed, David, devint roi. Ainsi, l’ancêtre du Messie est une païenne ayant adhéré à la Torah.

La lecture de ce texte qui présente, précisément le jour de Chavouot, la première « convertie » de l’Histoire, s’explique par  l’universalité de la Torah. Ainsi, Chavouot, paradoxalement, est à la fois l’expression du particularisme juif, par l’Alliance des Dix Commandements, et de l’universalisme de la Révélation.

La morale de cette histoire, c’est que non seulement une personne non juive peut devenir juive à part entière, mais elle peut même devenir une figure essentielle de l’histoire juive.