Andrée Guntzburger 13 ans et Paul Guntzburger 12 ans

« A l’attention de Delphine :

Assise dans la synagogue et en attendant le début de la visite (le mardi 26 septembre), je regardais autour de moi. Lorsque j’ai vu le panneau à la mémoire des personnes déportées pendant la guerre 39/45, j’ai tout de suite regarder le nom Guinsburger, Andrée et Paul. (J’espère ne pas écorcher l’orthographe). Ma mère Yvette P…., née en 1930, connaissait Andrée. Elles étaient dans la même classe à l’école Jules Ferry de Sainte Savine. Elles avaient sans doute le même âge. Maman se souvenait très bien de l’arrestation de cette petite fille en pleine classe, comme dans le film de Louis Malle « Au revoir les enfants » et cela l’avait terriblement choquée.

Elle avait su que son petit frère avait été arrêté aussi dans la même école. Quand elle évoquait ses souvenirs de la guerre, elle parlait de cet épisode avec les yeux rougis même à la fin de sa vie. Pendant des années, elle s’était demandé ce
qu’était devenu « sa petite camarade de classe » comme elle disait.

Voici quelques années seulement, elle a eu la réponse lors d’une visite guidée du cimetière de Troyes. Quand la guide a signalé la plaque avec le nom des victimes de la déportation, Maman a reconnu le nom d’Andrée, de son petit frère. Elle se doutait de cette issue mais voir leurs noms inscrits là l’avait profondément attristée.

Elle avait tenu à m’y emmener et à l’occasion d’un enterrement en janvier 2015, nous sommes allées nous y recueillir. Maman est maintenant décédée alors je témoigne de ce que je sais.

Ma tante Simone P… est plus jeune de 4 ans. Dans sa classe aussi une petite
fille avait été arrêtée mais elle ne se souvient plus de son nom.

Elle se souvient juste qu’elle était blonde.

Sylvie »

Andrée Guntzburger 13 ans et Paul Guntzburger 12 ans sont morts dans les camps nazis

Grâce à Henri Cahen et à Eli Margen sans qui le Mémorial n’aurait pu voir le jour, « Le calvaire et le sort de nos martyrs dans les camps d’extermination mis en place par le régime nazi seront connus par nos enfants et la postérité », René-Samuel Sirat, Grand Rabbin de France.